Programme 2 : Histoires, mémoires contemporaines et écriture de l'histoire

Le programme 2 continue d'interroger le travail de la mémoire et de l'oubli dans la dynamique des croyances et des représentations collectives. Il interrogera plus particulièrement dans ce contrat l'écriture de l'histoire dans son rapport à la subjectivité.

Si l'histoire militaire constitue depuis 40 ans un point fort de la recherche dans notre université, c'est aussi parce qu'elle est un champ d'investigation majeur en ce qui concerne l'observation des phénomènes sociaux. Poursuivant ses travaux sur les armées italiennes au XIXe siècle et durant la première moitié du XXe, Hubert Heyriès analyse d'une part le rôle de l'armée italienne dans la guerre d'indépendance et dans les conflits européens et mondiaux, et d'autre part l'image qui en a été construite dans les représentations collectives de différentes batailles par exemple.

Intégrant les avancées de la sociologie, Frédéric Rousseau conduit toute une réflexion critique sur le consentement patriotique de l'opinion, forgé par l'école, lors de la première guerre mondiale. À partir principalement des journaux intimes et des correspondances familiales, il s'intéressera à la manière dont les stratifications sociales ont pu tamiser l'entrée en guerre de chacun, selon que l'on était paysan ou avocat, ouvrier ou professeur.

L'histoire culturelle et la mémoire collective feront encore l'objet des travaux de recherche de Christian Amalvi. Les entreprises collectives qu'il coordonne réuniront non seulement des spécialistes des quatre domaines de l'écriture de l'histoire (Antiquité, Moyen Âge, âge classique et modernes, époque contemporaine et temps présent), mais encore de plusieurs disciplines des sciences humaines et sociales : histoire de l'Art et archéologie ; géographie ; ethnologie et anthropologie ; philologie occitane ; histoire du cinéma ; histoire de la bande dessinée ; littérature française et comparée ; musicologie. Dans cette perspective, Chr. Amalvi et ses équipes souhaitent travailler ces prochaines années à deux projets, l'histoire de la Normandie et l'histoire du Midi.

Enfin, dans le contexte renouvelé des liens entre littérature et histoire, l'interrogation sur la dimension morale de l'écriture de l'histoire, déjà analysée par Marie Blaise (dir.), Sylvie Triaire et Suzanne Lafont dans un numéro d'Études françaises (53, 3, 2017) aux Presses de l'Université de Montréal : « Histoire et littérature. La littérature démoralise-t-elle l'histoire ? » sera continuée. Ces travaux vont se poursuivre en effet dans le cadre du séminaire intersites Montpellier, Perpignan, Toulouse 2018/2020 (Comité d'organisation : Fabienne Bercegol, Marie Blaise, Magali Charreire, Marine Le Bail, Nathalie Solomon, Sylvie Triaire) sur les « Portraits de l'histoire au XIXe siècle (littérature, historiographie, esthétique, politique) ». D'une part ce projet a rapproché les laboratoires CRISES, PLH, et CRESEM et d'autre part il permet d'accueillir des chercheurs spécialistes de l'écriture de l'histoire (Paule Petitier, Caroline Julliot...). Le séminaire a aussi permis d'associer le musée Fabre au projet, Pierre Stépanoff, conservateur spécialiste du XIXe siècle participant aux travaux. Un nouveau cycle de deux ans est prévu (2020 : portraits politiques, de l'homme fort au groupe ; portraits croisés sur Jeanne d'Arc ; peser dans l'histoire ; maigres et gros, portraits sociaux. 2021 : portraits religieux croisés ; l'exception et la monstruosité ; le familier). Il se clôturera par un colloque international en 2022 et il débouchera sur le dépôt d'un programme région (avec le Musée Fabre) et d'un projet ANR.