Porteuse : A. Bonord
Le programme se propose d'aborder la question du rapport de l'homme à la nature à travers la réécriture/relecture de modèles anciens. Comment l’homme pense-t-il et éprouve-t-il sa place dans la nature à partir d’un héritage culturel et littéraire ? Quels rapports les artistes entretiennent-ils avec ces modèles : filiation, rejet, manipulations, déplacements (autant de procédés bien connus des théories de l’intertextualité) ? La question du choix du modèle, qui peut être par exemple antique, chrétien, romantique, ou relever de la littérature étrangère (Thoreau), est également révélateur de la mentalité d’une époque. Il sera, en outre, intéressant de déterminer dans quelle mesure la littérature, la philosophie ou l’art opèrent un pas de côté par rapport aux approches concurrentes des sciences de la nature, de l’écologie politique ou aux discours dominants de chaque époque. Comment chacune intègre-t-elle ou rejette-t-elle ces discours hétérogènes ?
Dans ce questionnement, un intérêt particulier sera porté d’une part au rapport des écrivains à l’héritage religieux (les différentes lectures de la Genèse qui ont eu cours ou la filiation avec des figures spirituelles comme François d’Assise, par exemple), d’autre part aux représentations de la ruralité.
Le programme s’appuiera sur un séminaire accueillant des écrivains et universitaires invités, qui prolongera et complétera le cycle de rencontres de 18 mois déjà financé par MIRANDA (premières rencontres : Pierre Jourde, 13 mars 2025 ; Marie-Hélène Lafon, 3 avril 2025). Un partenariat avec le prix « Habiter le monde » est envisagé.
Rencontre du 31 mars 2026

Juliette Rousseau est entrée en littérature avec un ouvrage engagé : Lutter ensemble, pour de nouvelles complicités politiques publié en 2018, une réflexion sur l’organisation collective comme moyen de lutte contre les systèmes qui cherchent à imposer une forme de vie ou d’organisation sociale aux citoyens. Ce livre accompagne plusieurs années de militantisme dans le mouvement altermondialiste. Elle s'est ensuite lancée dans l'écriture d'un roman La vie têtue publié en 2022. Péquenaude (2024) est un récit poétique atypique à la croisée de la poésie, du récit autobiographique et de l'essai. Cet ouvrage a reçu le prix Habiter le monde en 2025. Son écriture à la fois poétique et sociologique offre une voix singulière parmi les écritures contemporaines de la ruralité.
Rencontre du jeudi 12 mars 2026

Violaine Bérot est une écrivaine atypique dont l’écriture est ancrée dans un attachement à la terre, en particulier celle des Pyrénées où elle est née. La forme de ses récits est souvent originale et poétique comme dans Tombée des nues (2018), récit choral, ou Comme des bêtes (2021), récit fondé sur un refrain. Elle affectionne les fictions de l’intime, comme dans son dernier roman Du côté des vivants (2025). Elle s’interroge inlassablement sur l’humain, en particulier dans son rapport à l’animalité et à l’altérité. Sous la simplicité de la langue et parfois un réalisme cru, affleurent des réflexions philosophiques sur le sens de l’existence, l’incommunicabilité entre les êtres et la beauté de la nature.
Contact : aude.bonord@univ-montp3.fr



