GRAPHE - Groupe de Recherches d'Anthropologie Philosophique et d'Herméneutique

Responsable : Jean-François Lavigne

 

Présentation du séminaire :

Le nouveau siècle a vu apparaître un problème nouveau, qui mobilise toutes les dimensions de la vie sociale et de la civilisation : le problème de l'identité humaine : de son contenu, de ses déterminations, de sa démarcation, de sa stabilité, de son évolution.

La question « Qu'est-ce que l'homme ? » n'est plus aujourd'hui une question spéculative, elle est l'expression d'une conscience de crise, qui affecte directement les choix que doivent faire les individus, les sociétés et les États.

L'incertitude touchant ce que l'humain est, et sa différence spécifique supposée au sein de la « nature » devenue biosphère et matière cosmique, rejaillit sur la représentation de ce qu'il vaut :  les notions de « dignité humaine », de « droits humains », ne peuvent échapper à l'interrogation sur leur fondement objectif, dès lors que ces notions et valeurs prétendent à l'universalité et à la normativité.

Telle est la crise de l'anthropologie contemporaine.

La revendication d'un droit au respect de la dignité personnelle, faute d'une légitimation objective, ne peut s'appuyer que sur le fait d'un consensus social, ou d'une convention instituée. Les droits de l'homme et les normes de l'éthique médicale appliquée, s'ils ne reposent que sur le fait d'une décision sociale, démontrent ainsi leur absence de justification rationnelle, et ne peuvent en définitive s'imposer que par un rapport de forces. Mais « la force ne fait pas droit ». Aucune violence potentielle, même instituée, ne peut fonder les valeurs directives de l'individu et des sociétés.

Cette crise de l'anthropologie contemporaine résulte de l'essor même des « sciences de l'homme » : Anthropologie sociale, ethnologie, sociologie, histoire, géographie humaine, psychologie comportementale et expérimentale, psychanalyse, économétrie, linguistique, sémiologie, biologie génétique, plus récemment neurosciences et gender studies ont fait éclater l'objet « homme » en des problématiques juxtaposées, aussi hétérogènes que leurs méthodes. D’où une somme de savoirs disparates, dont la cohérence est devenue problématique, et l'unité introuvable.

L’éclatement de l'objet humain en une multiplicité de perspectives hétérogènes impose une réflexion critique – au sens kantien : une critique de la connaissance anthropologique est aujourd'hui nécessaire, qui confronte ces multiples approches possibles – valides chacune selon son point de vue – pour clarifier les conditions logiques et conceptuelles d'une articulation cohérente.

Tel est le sens du projet du G.R.A.P.H.E. : travailler à l'élaboration d'une anthropologie philosophique critique.

Non que la philosophie détienne on ne sait quel secret pour résoudre ce problème mieux que d'autres disciplines. Mais c'est sa fonction propre, depuis ses origines, d'être une réflexion critique orientée vers l'unité du savoir. Les recherches d'anthropologie philosophique que le GRAPHE propose d’organiser voudront donc être un point d'intersection interdisciplinaire où puisse s'exercer, dans la confrontation avec les données de l'expérience, la réflexion critique sur les acquis et les méthodes des sciences de l'homme.

Pour créer les conditions de cette convergence, ces sciences ne peuvent se soustraire à l'exigence fondamentale du « retour aux choses mêmes », et de la clarification des médiations qu'elles imposent aux phénomènes humains. C’est pourquoi l'anthropologie philosophique doit prendre appui sur une phénoménologie des divers aspects et dimensions de l'existence humaine, et sur le rôle essentiel qu’y joue l’interprétation.

Le Groupe de Recherche d’Anthropologie Philosophique et d’HErméneutique proposera donc, au sein d'une équipe de recherches interdisciplinaires consacrées à l'analyse des crises, telle que l'EA 4424 « CRISES », un programme de travaux d'anthropologie philosophique, au sens précis de la confrontation critique entre les divers savoirs anthropologiques élaborés par les sciences de l'homme, à la lumière de l'investigation phénoménologique et herméneutique de l'expérience humaine.

 

Programme 2019-2020

Toutes les séances auront lieu en salle 001 sur le site Saint-Charles 1.

 

5 février 2020 : Séance inaugurale

Jean-François LAVIGNE, Professeur, UPVM
Introduction générale au Séminaire
Penser la naissance et la mort : est-ce possible ?
 

26 février 2020 (17h30 à 19h30)

Alexander SCHNELL, Professeur, Université de Wuppertal
La naissance de la phénoménalité : La problématique de l'origine des phénomènes, en-deçà de la phénoménologie descriptive, chez Eugen Fink.
 

11 mars 2020 

Jean-François LAVIGNE, Professeur, UPVM
Qui naît ? Naissance et identité subjective.
 

25 mars 2020

Vincent GERARD, Professeur, Université de Clermont
Husserl et le sens de la naissance et de la mort propres de l'ego.
 

1er avril 2020

Olivier ABEL, Professeur de philosophique éthique, Institut Protestant de Théologie, Montpellier
Remarques de phénoménologie et d'herméneutique de la naissance, à partir de Paul Ricœur.
 

29 avril 2020

Gemma DURAND, Médecin gynécologue, Académie des Sciences et Lettres de Montpellier
L'embryon dévoilé. Comment penser la naissance face aux nouvelles techniques ? Réflexions à partir de l'expérience clinique.