Journées d'étude « Femmes enfermées dans les conflits civils et religieux » & « Vivre en période de conflits civils et religieux : expériences féminines de la survie »

Deux journées d’étude sont organisées, de manière complémentaire, en septembre-octobre 2026 : la première à Aigues-Mortes (Gard), sous le titre : « Femmes enfermées dans les conflits civils et religieux » ; la seconde à Villeneuve-lès-Avignon (Gard), sous le titre : « Vivre en période de conflits civils et religieux : expériences féminines de la survie ».

La lecture des conflits civils et religieux de l’époque moderne n’est aujourd’hui plus seulement réalisée sous l’angle politique ou doctrinal des guerres de religion et des édits de pacification successifs. L’histoire sociale et la micro-histoire, depuis les années 1970, puis l’archival-turn ont déplacé la focale de l’historien.ne pour éclairer des parcours particuliers, qui sont devenus autant de faisceaux d’une donnée sociale plus large. À l’intérieur des grandes narrations, les trajectoires individuelles, les expressions locales ou encore les actions du quotidien permettent de tracer les contours d’une histoire au ras du sol, interrogeant du même coup le rapport aux archives de l’historien.ne.

Lire les conflits civils et religieux de l’époque moderne sous cet angle ouvre un champ d’investigation nouveau : comment vivre (et survivre) sous interdits ? L’affrontement de deux communautés et la volonté de soumission de l’une sur l’autre produisent en effet des interdits qui se manifestent à l’extérieur comme à l’intérieur du foyer : interdits de culte, interdits de lieux, interdits de circulations, interdits d’interactions… La parole est contrôlée, un chant de psaume peut trahir, un panier de course sur le marché peut condamner. Les civils doivent alors développer des stratégies d’adaptation des gestes du quotidien pour évoluer dans un espace soumis et contraint, tant la neutralité paraît impossible, dans la sphère publique comme dans la sphère privée. La survie est l’ennemie du repos. Les conflits de l’époque moderne entrent ainsi en résonance avec des conflits contemporains, où la question de la survie en temps de guerre civile est évidemment centrale.

Ces journées d’étude sont l’occasion d'interroger les crises civiles, d’hier à aujourd’hui, sous l’angle de cette micro-histoire où la vie normale est confrontée à l’extraordinaire du conflit, et s’intéressant plus particulièrement aux trajectoires féminines.

Dans cette relecture des conflits religieux, la figure féminine se redessine : les femmes ne peuvent plus seulement être envisagées comme des victimes passives ou des figures symboliques (veuves, martyres ou allégories). Alors que les conflits civils désorganisent les normes sociales et recomposent les rôles genrés, les femmes peuvent y apparaître comme des actrices de la mobilisation religieuse ou politique, des médiatrices, des résistantes ou des collaboratrices, et dans tous les cas des figures centrales de la vie sociale.

Les deux journées d’étude sont organisées en partenariat avec le Centre des Monuments Nationaux, qui accueille ces manifestations à la Tour de Constance à Aigues-Mortes et au Fort Saint-André à Villeneuve-lès-Avignon. Ces sites, utilisés comme prisons pour cause de religion à l’époque moderne, ont en effet été des laboratoires du contrôle des femmes en période de guerre civile. 
Les deux journées d’étude ont été labellisées par l’Institut du Genre (Groupement d’intérêt scientifique) : https://institut-du-genre.fr/
 
Organisation : Fanny Lalande (Université Lyon 2) et Pierre-Yves Kirschleger (UMPV) pierre-yvves.kirschleger@umpv.fr
 
 
 
 
 
Dernière mise à jour : 22/09/2026