La fabrique des mémoires publiques

 

- La fabrique des mémoires publiques, s. dir. Isabelle David, Fabrice Galtier et Flore Kimmel-Clauzet, Neuilly-sur-Seine, Atlande, 2018, 320 p.

 

Interview :

1) Pouvez-vous nous rappeler d’où est issu ce livre ?

C’est le fruit d’une rencontre interdisciplinaire au sein du laboratoire CRISES, que nous avions organisée en octobre 2015. La pluralité des disciplines qui y sont représentées constitue une richesse dont le laboratoire tire notamment parti tous les deux ans, à l’occasion d’un colloque auquel participent membres du laboratoire et chercheurs extérieurs. En 2015, la question des mémoires publiques nous semblait de nature à susciter une réflexion commune particulièrement fertile et, de fait, une communauté de thèmes, de questionnements, de méthodes s’est imposée, au-delà des spécificités disciplinaires.

2) Parlez-nous un peu de son contenu...

L’ouvrage est divisé en deux grandes parties. Le premier volet, intitulé « politiques de la mémoire », aborde les problématiques soulevées par les pratiques institutionnelles et les réactions qu’elles suscitent dans des groupes ou des communautés dont la composition sociale varie selon les cas étudiés. Le second volet du diptyque traite de ce que nous avons appelé « la mémoire des arts ». Il concerne la façon dont les œuvres artistiques construisent ou déconstruisent la mémoire publique, notamment à travers le jeu sur le cliché, mais il interroge aussi la manière dont l’histoire littéraire ordonne les œuvres dans une construction mémorielle où certaines d’entre elles se trouvent, pour ainsi dire, « monumentalisées ».

3) Pourquoi avoir choisi de publier dans la collection « Savoirs et curiosité », chez l'éditeur Atlande ?

Cet éditeur, d’abord spécialisé dans les publications de concours, s'est diversifié en proposant des collections d'essais ou de diffusion scientifique. C'est dans ce cadre qu'a été créée la collection « Savoirs et curiosité », qui propose, dans un format carré original et avec des illustrations en pleine page, des ouvrages pluridisciplinaires de haute tenue, mais accessibles à tout lecteur cultivé et attrayants. Le volume, dont les articles ont été écrits pour être lus par des non-spécialistes, était parfait pour cela. Notre idée était de répondre à la demande de l’Hcéres de mieux diffuser les acquis de la recherche auprès du grand public. Notre proposition a été retenue car l’éditeur considérait qu’elle pouvait contribuer au débat citoyen et intellectuel. Nous espérons que cela sera le cas !

 

Isabelle David, Fabrice Galtier, Flore Kimmel-Clauzet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fruit d’un colloque organisé à Montpellier, l’ouvrage interroge le processus de construction des mémoires publiques en mettant en parallèle des exemples brûlants (l’enseignement de la Guerre d’Algérie, la propagande et l’histoire dans la Turquie d’Erdogan, le questionnement des Suisses sur leur attitude pendant la Seconde Guerre mondiale) et des précédents historiques instructifs (la mémoire civique dans la Grèce ancienne, l’image de Néron, les récits antagonistes de la Guerre d’Espagne). L’ouvrage questionne aussi le rôle de la caricature, des clichés littéraires, du théâtre ou des biopics dans la construction des mémoires publiques. Parce que notre mémoire individuelle a aussi une dimension collective, cet ouvrage concerne chaque citoyen.
Un ouvrage richement illustré au format décalé pour décentrer le débat.