JOUANNA Arlette

Portrait de ajouanna
Statut : 
Autre
Corps : 
PROFESSEUR DES UNIVERSITES EMERITE
Emerite : 
Oui
Habilitation à diriger des recherches : 
Oui
CNU : 
Architecture, arts appliqués, arts plastiques, arts du spectacle, épistémologie des enseignements art., esthétique, musicologie, musique, sc de l'art
Ecole doctorale : 
ED Langues, Littératures, Cultures, Civilisations
Organisme d’affectation : 
Université Paul-Valéry Montpellier 3

 

Professeur émérite d’histoire moderne (Université Paul-Valéry Montpellier III)

Assistante puis maître de conférences à l’Université Paul-Valéry Montpellier III de 1968 à 1978

Professeur d’histoire moderne à l’Université Paul-Valéry Montpellier III de 1978 à 1993

 

Principales publications :

 

- Montaigne, Paris, Gallimard, 2017, 464 p.

Présentation de l’éditeur :
On l'imagine souvent retiré dans sa tour pour caresser les muses et élaborer une sagesse intemporelle. Mais Montaigne ne peut se résumer à l'image du philosophe voué à la contemplation. Cest un seigneur à la tête d'un vaste domaine, avec ses paysans, ses vignes et ses champs. Un gentilhomme pétri de culture nobiliaire, dont il brave les certitudes pour leur substituer un idéal inédit : conquérir la grandeur dans la «médiocrité» d'une existence ordinaire. Un ancien magistrat aussi, pénétré d'un riche savoir juridique, qu'il mit pour un temps en œuvre au Parlement de Bordeaux, ville dont il deviendra le maire. Un acteur politique surtout, happé par la tourmente des guerres de religion, la violence des haines confessionnelles et la hantise de la mort qui ensanglante la France.
On ne peut comprendre, écrit Arlette Jouanna, le destin singulier de cet homme d'exception sans mettre en miroir les différentes figures qui composent sa personnalité et le terroir historique dans lequel elles s'enracinent. Cest d'un regard d'historien qu'il faut en effet redécouvrir son itinéraire tumultueux et la fascinante diversité d'une pensée toujours en mouvement.
Si Montaigne nous parle encore, c'est qu'au milieu des troubles civils, il en appelle à la «raison publique» pour transcender les intolérances ; c'est qu'il invite à affranchir l'esprit du poids des conventions arrêtées et des préjugés invincibles. Ni le vestige d'un passé révolu, ni le prédicateur d'un individualisme hédoniste, mais tout simplement notre contemporain.

 

- La Saint-Barthélemy. Les mystères d’un crime d’État. Paris, Gallimard, collection Folio Classique, 2017, 528 p.

Présentation de l'éditeur :
Le 18 août 1572, Paris célèbre avec faste le mariage de Marguerite de Valois et d'Henri de Navarre, événement qui doit sceller la réconciliation entre catholiques et protestants. Six jours plus tard, les chefs huguenots sont exécutés sur ordre du Conseil royal. Puis des bandes catholiques massacrent par milliers «ceux de la religion» – hommes, femmes, vieillards, nourrissons...
Comment est-on passé de la concorde retrouvée à une telle explosion de violence? Comment une «exécution préventive» de quelques capitaines a-t-elle pu dégénérer en carnage généralisé? Quel rôle ont joué le roi, la reine mère, les Guises, le très catholique roi d'Espagne? De ces vieilles énigmes, Arlette Jouanna propose une nouvelle lecture.
La Saint-Barthélemy n’est l’œuvre ni des supposées machinations de Catherine de Médicis, ni d’un complot espagnol et encore moins d’une volonté royale d’éradiquer la religion réformée. Charles IX, estimant sa souveraineté en péril, répond à une situation d’exception par une justice d’exception. Mais en se résignant à ce remède extrême, il installe, sans en faire la théorie, une logique de raison d’État. Cet effort de restauration politique va ouvrir la voie à l’absolutisme des Bourbons.

 

La France du XVIe siècle (1483-1598), Paris, PUF, 2016 (3ème éd., 1ère éd. en 1996), 720 p.

Présentation de l’éditeur :
La France du XVIe siècle est-elle une monarchie absolue ou un assemblage hétéroclite de territoires plus ou moins gouvernables ? 
Quelles sont les caractéristiques de ce siècle de « Renaissance » et de mutations ?
Quelles ont été les conséquences des guerres civiles qui l’ont traversé ?
Telles sont quelques-unes des questions auxquelles répond ce manuel en démontrant que le XVIe siècle est avant tout en France celui du renforcement de la royauté. La monarchie, déjà enracinée dans les mœurs de la fin du Moyen Âge, tant par l’allégeance du peuple que par l’efficacité de l’appareil d’État, va s’affermir tout au long de la Renaissance. Les guerres civiles qui agiteront ce siècle de tensions religieuses seront une épreuve fondatrice qui forgera la France moderne.

 

- The Saint Bartholomew's Day massacre. The mysteries of a crime of state. Manchester, Manchester University Press, 2015, 288 p. Traduit par Joseph Bergin. Prix John Russell Major 2014 (première émission en 2013).

Description :
On 18 August 1572, Paris hosted the lavish wedding of Marguerite de Valois and Henri de Navarre, which was designed to seal the reconciliation of France's Catholics and Protestants. Only six days later, the execution of the Protestant leaders on the orders of the king's council unleashed a vast massacre by Catholics of thousands of Protestants in Paris and elsewhere. Why was the celebration of concord followed so quickly by such unrestrained carnage?
Now in paperback for the first time, Arlette Jouanna's new reading of the most notorious massacre in early modern European history rejects most of the established accounts, especially those privileging conspiracy, in favour of an explanation based on ideas of reason of state. The Massacre stimulated reflection on royal power, the limits of authority and obedience, and the danger of religious division for France's political traditions. Based on extensive research and a careful examination of existing interpretations, this book is the most authoritative analysis of a shattering event.

 

- 圣巴托罗缪大屠杀     一桩国家罪行的谜团  / La Saint Barthélémy. Les mystères d'un crime d'État.

北京大学出版社  2015  /Pékin University Press, 2015  页数: 384

内容简介  · · · · · ·

1572年8月18日,巴黎举办了一场隆重的婚礼,玛格丽特•德•瓦卢瓦和亨利•德•纳瓦尔结为连理。这场婚礼本应是天主教徒和新教徒和解的象征。然而,就在婚礼后的第六天,法国国王的御前会议一声令下,胡格诺派的首领被当即处决。随后,天主教徒又对新教徒展开大屠杀,亡者成千上万,男女老少皆成为刀下亡魂……
从一场象征着和解的婚礼到一场极端暴力的屠戮,期间究竟发生了什么?对胡格诺派数位领袖的“预防性处决”如何演变升级为一场波及全法的大屠杀?法国国王、太后、吉斯家族、西班牙国王究竟扮演了何种角色?对于这些由来已久的谜团,阿莱特•茹阿纳提出了一种新的解读。
圣巴托罗缪大屠杀既不是卡特琳娜•美第奇的诡计,也不是西班牙策划的阴谋,更非出于法国国王清剿新教徒的意愿。查理九世当时认为王权受到极大威胁,在这种特殊的局势下,他决定采用特别的司法程序。而在他被迫使用这种极端解决方案的同时,他实际上确立了国家理性的逻辑——尽管这种逻辑彼时尚未形成理论。
大屠杀的悲剧在法国造成了一种前所未有的断裂,引发了人们对王权的根基与界限、以及不服从的合法性的思考,同时也令人深思宗教分裂对王国传统造成的弊害。但是,从政治上恢复王国传统的愿望却遭遇到反击,对国王的过度神圣化打开了波旁王朝通向绝对主义的大门。
本书荣获法国第八届基佐奖、美国历史学会颁发的2014年度J.拉塞尔•梅杰奖(J. Russell Major Prize)。

 

Le Prince absolu. Apogée et déclin de l’imaginaire monarchique. Paris, Gallimard, 2014, 336 p.

Présentation de l’éditeur :
Qu’est-ce que le pouvoir dans la France de Richelieu et de Louis XIV? Question redoutable, inépuisable, que repose ce livre. Arlette Jouanna interroge à frais nouveaux les caractères originaux de l’idéologie absolue comme système de légitimité construit au service d’un prince qui se veut investi par Dieu.
Au XVIIe siècle, après la terrible déchirure des guerres de Religion, la croyance en la sacralité du roi a fait de lui l’unique source du droit, ce qui tend à assimiler le légitime au légal. D’extraordinaire et dangereuse, la puissance absolue est devenue ordinaire et bénéfique ; l’art de gouverner y gagne une autonomie temporelle inédite et entame le lent processus de l’impersonnalisation de l’État. Les résistances à cette révolution politique, qui marie droit divin et raison d’État, échoueront à s’imposer pendant la Fronde. Louis XIV saura incarner mag nifiquement la majesté de l’État absolu ; mais sa force même d’incarnation finit par rendre opaque le lien entre pouvoir et justice. De là à le tenir pour un despote… Son règne marque à la fois l’apogée et le début du déclin de l’imaginaire sacral de la monarchie.
Le Prince absolu fait suite au Pouvoir absolu : Naissance de l’imaginaire politique de la royauté (2013). L’originalité de cette œuvre est de mettre en miroir les fondements théoriques de la «religion royale» avec l’histoire en train de se faire, qui ne cesse de les modeler. Par où elle renouvelle et enrichit notre intelligence de l’histoire politique de l’Ancien Régime.

 

Stéphane DURAND, Arlette JOUANNA, Élie PÉLAQUIER, Jean-Pierre DONNADIEU et Henri MICHEL, Des États dans l’État. Les États de Languedoc, de la Fronde à la Révolution,  Genève, Droz, 2014, 984 p.

Présentation de l’éditeur :
Les États de Languedoc, assemblée délibérative composée des représentants du clergé, de la noblesse et du tiers état, ont géré la province de Languedoc depuis le XVe siècle jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Leurs séances étaient annuelles ; le vote était organisé par tête et non par ordre, originalité d’autant plus grande que le tiers disposait à lui seul du même nombre de voix que les deux premiers ordres réunis.
À partir du milieu du XVIIe siècle s’est affirmé leur rôle politique et économique. Outre la prérogative du consentement de l’impôt, pas toujours fictive, ils ont assumé des responsabilités croissantes dans le développement des voies de communication et la mise en valeur du territoire provincial. Leurs relations avec le pouvoir royal reposaient sur la négociation, le plus souvent déférente mais parfois traversée de tensions. Loin d’être des survivances archaïques d’un passé révolu, ils révèlent, par leur activité, un aspect méconnu de la monarchie, beaucoup moins centralisatrice et absolutiste qu’on ne le croit.

 

Le pouvoir absolu. Naissance de l’imaginaire politique de la royauté. Paris, Gallimard, Collection l’Esprit de la Cité, 2013, 448 p. Prix Chateaubriand 2013.

Présentation de l’éditeur :
Le pouvoir absolu épouse la longue histoire de la monarchie. On l’imagine souvent inscrit dans une logique immuable, jusqu’au procès d’indignité que vont lui intenter les Lumières. C’est cette double image de la continuité du système absolu et de son caractère fatalement subversif de toute justice que cet ouvrage met à mal. Absolu, écrit Arlette Jouanna, signifie la possibilité légale de transgresser les lois au nom d’une légitimité supérieure ; et cette idée du pouvoir, loin d’être immuable, n’a cessé de s’infléchir à l’épreuve des bouleversements qui agitent l’histoire politique de la royauté.
Avant les guerres de Religion, on l’ignore trop, le monarque ne pouvait déroger aux lois qu’au titre de l’exception et de l’urgence. Et, même délié des lois, il restait lié par la Raison, cet ordre juste que Dieu faisait régner dans le monde. Mais la déchirure religieuse, en désagrégeant la cohésion sacrale du corps politique, a fait perdre le sens de la correspondance – jusque-là si évidente – entre la cité céleste et la cité terrestre : seul le roi en personne pouvait désormais incarner l’unité des communautés désunies.
L’originalité radicale de la voie française aura été cette construction, à la fois intellectuelle et institutionnelle, d’un espace politique extérieur et supérieur aux passions humaines. Telle est la nouvelle figure du prince absolu, projeté loin au-dessus des sujets dans une proximité mystérieuse et solitaire avec Dieu. C’est cette transcendance qui confère à sa volonté une autorité sans précédent, quasi sacrée, seule capable de tenir ensemble le royaume.

 

- Bartolomějská noc, zločin v zájmu státu. Prague, Garamond, 2010,  414 p.

Anotace :

18. srpna 1572 slaví Paříž svatbu Markéty z Valois s Jindřichem Navarrským, která se má stát aktem usmíření mezi katolíky a protestanty. O šest dní později jsou nejdříve v Paříži a posléze v celé Francii s posvěcením Královské rady masakrováni hugenoti po tisících. Jak se mohlo předpokládané náboženské usmíření zvrhnout ve vraždění? Autorka zkoumá dodnes přijímané příčiny masakru, kterými jsou historicky tradované machinace Kateřiny Medicejské, spiknutí katolického Španělska, či obava krále z reformovaného náboženství, a dochází k závěru, že bezprostřední podnět k represivnímu zásahu státu dal král Karel IX. obávající se o suverenitu své vlády.

 

– Coord. avec Élie Pélaquier du CDRom : Les États de Languedoc. 46 délibérations de 1648 à 1789, Montpellier, CRISES, 2009.

 

La Saint-Barthélemy. Les mystères d’un crime d’État, Paris, Gallimard, coll. « Les Journées qui ont fait la France », 2007, 416 p. Prix François Guizot 2008.

Présentation de l’éditeur :
Le 18 août 1572, Paris célèbre avec faste le mariage de Marguerite de Valois et d’Henri de Navarre, événement qui doit sceller la réconciliation entre catholiques et protestants. Six jours plus tard, les chefs huguenots sont exécutés sur ordre du Conseil royal. Puis des bandes catholiques massacrent par milliers «ceux de la religion» – hommes, femmes, vieillards, nourrissons…
Comment est-on passé de la concorde retrouvée à une telle explosion de violence? Comment une «exécution préventive» de quelques capitaines a-t-elle pu dégénérer en carnage généralisé? Quel rôle ont joué le roi, la reine mère, les Guises, le très catholique roi d’Espagne? De ces vieilles énigmes, Arlette Jouanna propose une nouvelle lecture.
La Saint-Barthélemy n’est l’œuvre ni des supposées machinations de Catherine de Médicis, ni d’un complot espagnol et encore moins d’une volonté royale d’éradiquer la religion réformée. Charles IX, estimant sa souveraineté en péril, répond à une situation d’exception par une justice d’exception. Mais en se résignant à ce remède extrême, il installe, sans en faire la théorie, une logique de raison d’État.
Cette tragédie, vécue comme une rupture inouïe, suscite une réflexion foisonnante sur les fondements du pouvoir, les limites de l’autorité, la légitimité de la désobéissance ; sur le danger aussi que font courir les divisions religieuses aux traditions du royaume. Mais cet effort de restauration politique va se heurter à la sur-sacralisation du roi, qui ouvre la voie à l’absolutisme des Bourbons.

 

– Arlette JOUANNA, Philippe HAMON, Dominique BILOGHI, Guy LE THIEC : La France de la Renaissance. Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2001, 1248 p.


Présentation de l’éditeur :
De la politique à l’économie, de la littérature à l’architecture, de l’art à la religion : une synthèse des connaissances de cette période.
«Un siècle si plein de lumières»… C’est ainsi que Rabelais qualifie son époque. Les contemporains de la Renaissance – étiquette qui a été collée à cette période par l’historiographie du XIXe siècle – ont cru à l’avènement d’un nouvel âge d’or : il allait faire disparaître définitivement l’ignorance et triompher des «ténèbres gothiques» du Moyen Âge. La France – après l’Italie – participe à ce bouleversement. Elle s’ouvre à la révolution de l’imprimé ; les guerres d’Italie resserrent les liens entre les lettrées et les artistes de part et d’autre des Alpes. Les noms de Ronsard et du Bellay en littérature, de Philibert Delorme et Jean Goujon en architecture et sculpture, de Clément Janequin en musique, d’Ambroise Paré et Jean Fernel en médecine, attestent l’éclat de la culture française protégée par un grand roi, François Ier. C’est aussi un temps d’affermissement du pouvoir royal, d’essor démographique, de dynamisme des échanges. Mais le sentiment de renouveau ne touche qu’une frange de la population ; paysans, artisans et pauvres voient les travaux et les jours se succéder sans changement notable. L’ébranlement du vieil édifice des idées et des moeurs suscite bien des inquiétudes, dont le soupçon de l’hérésie, avec la diffusion des doctrines de Luther puis de Calvin. Les premiers bûchers s’allument, prélude aux guerres civiles.

 

– Arlette JOUANNA, Jacqueline BOUCHER, Dominique BILOGHI, Guy LE THIEC : Histoire et Dictionnaire des guerres de Religion, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1998, 1536 p.

Présentation de l’éditeur :
Les luttes sanglantes entre catholiques et protestants. De la Saint-Barthélemy à l’avènement de Henri IV, la période la plus trouble et la plus dramatique de l’histoire de France, mais l’une des plus brillantes dans le domaine des sciences, des lettres et des arts.
Dans la seconde moitié du XVIe siècle, l’opposition entre catholiques et protestants plonge la France dans quarante ans de guerres civiles. De François II à Henri IV, huit guerres de Religion manifestent l’ampleur de l’opposition provoquée par le camp de la Réforme. Ce rejet culmine avec les massacres de la Saint-Barthélemy ; mais l’édit de Nantes (1598) apporte une trêve qui durera près d’un siècle. La lutte religieuse attise également les conflits politiques. Les modérés, tel Michel de L’Hospital, soutenus par Catherine de Médicis, plus conciliante que ne le veut sa réputation d’intrigante sans scrupules, perdent du terrain face aux ultra-catholiques de la Ligue, dirigée par les Guise. Celle-ci ne pourra toutefois empêcher l’avènement sur le trône d’un roi d’origine protestante, Henri de Navarre, qui sera sacré à Chartres le 27 février 1594 après avoir abjuré sa foi. Ainsi, la dynastie des Bourbons succède-t-elle à celle des Valois. Ce volume propose d’abord un récit et une mise en perspective de cette période mouvementée. Un Dictionnaire offre plusieurs centaines de notices biographiques, de définitions de termes religieux, politiques, juridiques propres à l’époque.

 

Le Devoir de révolte. La noblesse française et la gestation de l’État moderne (1559-1661), Paris, Fayard, 1989, 504 p.

Présentation de l’éditeur :
Se proclamer  » Mécontent « , c’était pour les nobles, pendant le siècle troublé qui sépare les règnes de Henri II et de Louis XIV, se prévaloir d’un statut quasi officiel d’opposant à la politique royale. En l’absence d’institutions vraiment efficaces permettant de s’exprimer légalement, le recours à la violence apparaissait comme un moyen normal de faire entendre sa voix : les Mécontents qui avaient à se plaindre du roi ou de ses conseillers  » prenaient les armes  » pour faire pression sur lui et alerter l’opinion. Ces révoltes ambiguës ont rassemblé des hommes issus de catégories sociales variées, mais leurs chefs ont été des gentilshommes, parmi lesquels on comptait les plus grands noms de la noblesse. Ceux-ci poursuivaient un but commun, par-delà la diversité de leurs convictions religieuses: il s’agissait pour eux de promouvoir une plus grande participation des sujets _ dont ils s’estimaient les porte-parole naturels _ au gouvernement. Leurs prises d’armes ont été un effort désordonné et souvent désespéré devant l’évolution  » absolutiste  » de la monarchie, pour faire triompher une autre conception, tout aussi cohérente, du pouvoir et des hiérarchies sociales: pour eux, se révolter était un devoir.
La connaissance de ces révoltes, de leurs animateurs, l’examen attentif des écrits _ théoriques ou de circonstance _ publiés à leur occasion, est indispensable pour bien saisir la portée de l’évolution politique de l’âge classique auquel on est condamné à ne rien comprendre si on ne la situe pas dans la perspective des combats qui l’ont précédé. Après la Fronde se dégagera lentement une théorie politique plus ouverte sur la recherche de moyens institutionnels susceptibles d’incarner durablement l’idéal politique de la noblesse, ou du moins de la partie la plus riche et la plus éclairée d’entre elle. Au carrefour de l’histoire politique, de l’histoire sociale et de l’histoire des idées, cette démarche apporte une contribution décisive à l’étude des relations entre pouvoir et société dans la France d’Ancien Régime.

 

Ordre social. Mythes et hiérarchies dans la France du XVIe siècle, Paris, Hachette, 1977, 252 p.

 

 

  • Jouanna, Arlette, «Montaigne», 2017, 459 p., Monographies, 2017
  • Jouanna, Arlette, «La Saint-Barthélemy : Les mystères d'un crime d'État (24 août 1572)», 2017, 520 p., Monographies, 2017
  • Jouanna, Arlette, «Conclusions», dans Philippe CHAREYRE, Claude MENGES-MIRONNEAU, Paul MIRONNEAU, Isabelle PEBAY-CLOTTES ed., Actes du dernier colloque international organisé par la Société Henri IV, le Musée national du château de Pau et l'Université de Pau et des Pays de l'Adour - ITEM, Genève, Droz (Cahiers d'Humanisme et Renaissance, n°139), 2017, p. 535-541, Articles et actes dans des colloques et chapitres d'ouvrages, 2017
  • Jouanna, Arlette, Une source méconnue pour l'histoire des communautés : les avis sur requêtes donnés par les syndics généraux, dans Pierre Casado & Frédéric Rousseau ed., Retrouver les paysans : communauté, pouvoirs, territoires XIIIe-XXe siècle : mélanges en l'honneur d'Élie Pélaquier, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, 2017, p. 139-150, Articles et actes dans des colloques et chapitres d'ouvrages, 2017
  • Jouanna, Arlette, «Les États de Languedoc et la mort de Concini», XVIIe siècle, n° 276, 2017, p. 455-462, Articles et actes dans des colloques et chapitres d'ouvrages, 2017