2019.2020 | Nos origines : les Gaulois et les autres

Mercredis de l'Antiquité - 2019.2020

Nos origines : les Gaulois et les autres

Depuis les années 1990 et la fin du grand récit national qu'avait forgé l’École républicaine et la science historique, le débat sur l'identité française s'est rouvert, pour le meilleur et pour le pire. Le pouvoir politique, quand il s'est emparé de cette question, n'a pas su, comme dans les années 1880, s'appuyer sur les acquis de la recherche historique et archéologique pour construire une version à la fois socialement acceptable et scientifiquement fondée des origines françaises. La passion l'a trop souvent emporté sur la raison.

Pourtant, les décennies qui viennent de s'écouler ont vu se développer un mouvement intense de fouilles archéologiques et de relecture des sources écrites traitant des différentes strates qui, de l'âge du Fer à la fin du monde romain, ont pesé sur la vie des habitants de l'actuel territoire français.

Il en est ressorti une image complexe de ce millénaire d'histoire de la France avant qu'elle ne devienne la France. Notre vision des Gaulois en a été radicalement changée, de même que notre compréhension de la conquête romaine et des contacts qui l'ont précédée. Les populations celtes du territoire français avaient auparavant eu d'étroits échanges avec les Grecs et les Étrusques. Les déplacements de population eurasiatiques, qui commencent au IIIe siècle de notre ère et le passage du polythéisme au monothéisme ont contribué au destin hexagonal.

Christophe Chandezon, professeur d'histoire ancienne, Université Paul-Valéry/Montpellier 3

Rosa Plana, professeur d'archéologie, Université Paul-Valéry/Montpellier 3

 

► Accès libre et gratuit, Auditorium du musée Fabre

 

Cycle de conférences proposé par le Musée des Moulages (Université Paul-Valéry – Montpellier 3), le Musée Fabre, le site archéologique Lattara – Musée Henri-Prades,la COMUE Languedoc-Roussillon Universités, et le LabEx ARCHIMEDE.

 

#1 : Nos ancêtres les Gaulois ?

Mercredi 16 octobre 2019  -  Auditorium du Musée Fabre  -  18h30
Jean-Paul DEMOULE (professeur émérite de protohistoire européenne à l'université de Paris I, ancien président de l'Inrap)

"Nos ancêtres les Gaulois" est une phrase tellement rabâchée qu'elle prête à sourire. De fait, les Gaulois ne sont nos ancêtres que depuis la IIIe République. Il n'y en a nulle trace dans le grand musée national au centre de Paris, le Louvre, qui exalte au contraire un passé grec, romain et proche-oriental. Les Gaulois ont été relégués en périphérie de la capitale, à Saint-Germain-en-Laye. Dans notre culture, ils sont d'abord associés à Astérix, ou aux "gauloiseries", quand ils ne sont pas revendiqués, depuis Vichy, par les extrêmes-droites. Une telle situation explique aussi le retard longtemps pris en France par l'archéologie préventive : l'archéologie du territoire national n'était pas digne d'intérêt. Or les progrès récents de cette discipline donnent une tout autre image des sociétés gauloises que celle de mangeurs de sangliers perdus au fond des bois. On s'interrogera finalement sur la notion d'identité nationale, de continuité, un débat renouvelé depuis très peu d'années par les progrès de la paléogénétique.

Ci-contre, Affiche de l'exposition de 2011-2012 à la Cité des Sciences de la Villette (Paris).