Soutenance de thèse de Valeriya VOSKRESENSKAYA

Le 20 octobre 2018
Salle des Colloques 2 à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 - Site Saint-Charles

 

Figures de la temporalité dans l’herméneutique de Hans-Georg Gadamer

 

Samedi 20 octobre 2018 à 14h30

Thèse de Philosophie

Composition du jury :

M. Olivier ABEL, Professeur, Faculté de théologie protestante de Montpellier

M. Guy DENIAU, Agrégé et docteur en philosophie, professeur au lycée Nelson Mandela, Nantes

M. Jean-Claude GENS, Professeur, Université de Bourgogne

Mme Isabel WEISS, Agrégée et docteure en philosophie, professeure en CPGE aux lycées Turgot et Victor Hugo, Paris

Mme Marlène ZARADER, Professeure émérite, Université Paul-Valéry Montpellier 3, directrice de thèse

 

Résumé de thèse :

Le présent travail a pour but d’élucider, sous le nom de « figures de la temporalité », les modalités du temps telles qu’elles se présentent dans l’herméneutique de Gadamer. Notre point de départ réside dans l’idée que la compréhension est événement, et qu’en elle quelque chose du passé vient « parler » au présent, par-delà toute distance temporelle. Liée à la structure événementielle de l’expérience du comprendre, la thématique du temps s’impose à chaque grand axe de la pensée gadamérienne, que ce soit l’ontologie de l’œuvre d’art, le rapport à la tradition ou la constitution langagière et dialogique de notre être-au-monde.

Pour expliciter la participation du temps aux structures essentielles de l’expérience herméneutique, nous revisitons trois sphères fondamentales de celle-ci, mises en lumière par Gadamer dans Vérité et méthode. Nous commençons par l’analyse de la temporalité éminente de l’œuvre d’art en tant qu’elle fait apparaître la problématique de l’interprétation temporelle du sens. Nous l’élargissons ensuite à la totalité de l’expérience herméneutique, en l’interrogeant à partir des notions de présence et d’historicité. Ce qui nous conduit enfin à mettre en lumière l’inachèvement constitutif de l’expérience du sens, saisie dans son essence dialogale. Le temps représente pour nous moins un objet de recherche qu’une grille de lecture, permettant de mettre au jour le caractère temporel et historique de l’être du sens et la finitude de l’expérience du comprendre. Nous espérons montrer, par notre recherche, que le dégagement de la question du temps chez Gadamer pourrait fournir un élément essentiel à la compréhension de l’ensemble de sa pensée et contribuer à l’éclaircissement du concept herméneutique de vérité.